Ton camp d’entraînement commence bientôt, peut-être même dans quelques jours.
Comme entraîneur, tu réfléchis probablement déjà à ce que tu veux mettre en place avec ton équipe : ta sortie de zone, ton échec avant, ton système en zone défensive…
Mais avant de penser à tout ça, il y a autre chose qui mérite ton attention.
Une fois ton équipe formée, les premières semaines de la saison vont être déterminantes. C’est durant cette période que tu vas commencer à établir les bases de ce que ton équipe va devenir.
Avec les années, j’ai réalisé que ces fondations ont souvent beaucoup plus d’impact sur une saison que le premier système de jeu qu’on décide d’enseigner.
Voici donc 5 choses que je te recommande d’établir avec ton équipe dès le début de la saison, avant même de penser à tes systèmes de jeu.
1. Établir tes standards de pratique
La première chose que tes joueurs vont apprendre de toi, ce n’est pas ton système de jeu.
C’est ce que tu acceptes et ce que tu n’acceptes pas.
- Est-ce qu’un joueur peut arriver régulièrement en retard sans conséquence?
- Est-ce que tu acceptes qu’un joueur parle négativement à un coéquipier?
- Est-ce que l’intensité à l’entraînement est négociable?
Chaque fois que tu laisses passer quelque chose, même sans t’en rendre compte, tu contribues à établir un standard.
C’est pourquoi je préfère établir mes attentes clairement dès le départ.
Garde tes standards simples
Tu n’as pas besoin d’arriver devant tes joueurs avec une liste de 12 règlements.
Choisis plutôt trois standards importants.
Par exemple :
- l’effort;
- le respect;
- la ponctualité.
Mais surtout, prends le temps d’expliquer pourquoi ils sont importants.
Qu’est-ce que ces standards vont apporter au groupe? Comment vont-ils permettre à l’équipe de progresser? Pourquoi demandes-tu cela à tes joueurs?
Un joueur qui comprend le pourquoi derrière une attente aura généralement beaucoup plus de facilité à y adhérer.
2. Créer rapidement de la clarté dans les rôles
Il y a une question que pratiquement tous tes joueurs vont se poser en début de saison :
« C’est quoi mon rôle dans l’équipe? »
Tu n’as évidemment pas besoin d’avoir une réponse définitive dès la première semaine.
Tes trios vont changer. Tes paires de défenseurs vont évoluer. Ton avantage numérique et ton désavantage numérique aussi.
C’est tout à fait normal.
Par contre, tu peux rapidement donner à chaque joueur un peu de clarté sur ce que tu vois présentement dans son jeu.
Ça peut simplement être une conversation de cinq minutes :
- Voici ce que j’aime dans ton jeu.
- Voici ce que j’aimerais que tu travailles.
- Voici comment je pense que tu peux aider notre équipe présentement.
C’est tout.
Son rôle n’est pas coulé dans le béton pour le reste de la saison. Il peut évoluer avec son jeu et avec les besoins de l’équipe.
Mais au moins, ton joueur sait où il en est.
Et ça, c’est important.
Un joueur qui comprend son rôle peut mettre son énergie sur les bonnes choses plutôt que d’essayer constamment de deviner ce que son entraîneur pense de lui.
3. Installer une routine d’équipe
Les bonnes équipes développent de bonnes habitudes.
Et très souvent, ces habitudes commencent par de petites choses.
- Comment arrive-t-on à l’aréna?
- Comment débute-t-on une pratique?
- Comment la termine-t-on?
- Comment se prépare-t-on avant un match?
Ces petites routines peuvent sembler banales, mais avec le temps, elles deviennent une partie de l’identité de ton équipe.
Encore une fois, inutile de compliquer les choses.
Tu pourrais simplement décider qu’à la fin de chaque pratique, ton équipe se rassemble pendant deux minutes.
Tu leur parles d’une chose que tu as aimée durant l’entraînement et d’une autre que vous allez continuer à travailler.
Simple. Rapide. Constant.
Après quelques semaines, tes joueurs savent exactement à quoi s’attendre. Ça devient votre façon de terminer une pratique.
Et quand tu répètes ces petites choses semaine après semaine, tu commences tranquillement à développer des habitudes solides.
4. Ouvrir la communication avec tes joueurs
Pour moi, celle-ci est particulièrement importante.
Tes joueurs doivent savoir qu’ils peuvent venir te parler.
Beaucoup de problèmes dans une équipe commencent par quelque chose de très petit.
- Un joueur comprend mal son rôle.
- Il pense que son entraîneur ne lui fait pas confiance.
- Il se sent un peu à l’écart du groupe.
- Ou peut-être qu’il vit quelque chose complètement à l’extérieur du hockey qui affecte ce que tu vois sur la glace.
Si personne n’en parle, un petit problème peut rapidement devenir beaucoup plus important.
Très tôt dans la saison, je veux donc que mes joueurs comprennent une chose :
Si tu as quelque chose à me dire, viens me voir.
Dire que ta porte est ouverte ne suffit pas
Dire aux joueurs que ta porte est toujours ouverte, c’est facile.
Tes actions doivent ensuite le démontrer.
Si un joueur vient te parler et que tu es constamment pressé, que tu regardes ton téléphone ou que tu essaies de lui répondre entre deux exercices, il risque de ne pas revenir la prochaine fois.
Quand un joueur vient te voir, essaie de lui donner ton attention.
Et si ce n’est vraiment pas le bon moment, tu peux simplement lui dire :
« Là, ce n’est pas le meilleur moment, mais après la pratique, on prend cinq minutes ensemble. »
Juste ça peut faire toute la différence.
5. Protéger l’ambiance de ton vestiaire
Finalement, il y a l’ambiance de ton équipe.
Et je pense qu’on sous-estime parfois son importance.
Pose-toi une question très simple :
Est-ce que mes joueurs ont du plaisir à venir à l’aréna?
Pas seulement à jouer au hockey.
Ont-ils du plaisir à arriver dans le vestiaire, à retrouver leurs coéquipiers et à pratiquer ensemble?
Tu peux avoir une équipe extrêmement talentueuse. Mais si les joueurs n’aiment pas être ensemble, tôt ou tard, ça va finir par paraître sur la glace.
Comme entraîneur, tu peux influencer cette dynamique.
Observe notamment tes leaders naturels.
Est-ce qu’ils incluent les autres ou restent-ils toujours avec leur petit groupe?
Comment les joueurs se parlent-ils?
Est-ce que le groupe est capable de rire ensemble ou est-ce que les blagues sont toujours faites aux dépens des mêmes joueurs?
Il y a une règle que j’aime établir rapidement :
On peut avoir du plaisir. On peut se taquiner. Mais on ne démolit jamais un coéquipier.
Tu n’as pas besoin de faire un discours de 20 minutes sur le sujet.
Tu établis simplement la ligne.
Et lorsqu’une situation dépasse cette ligne, tu interviens immédiatement.
Parce que la culture de ton vestiaire se construit beaucoup plus sur ce que tu fais que sur ce que tu dis.
Les fondations avant les systèmes de jeu
Avant de te demander quel système de jeu tu vas enseigner en premier, pense à ces cinq éléments :
- tes standards;
- la clarté dans les rôles;
- tes routines;
- la communication;
- l’ambiance de ton vestiaire.
Ta sortie de zone, ton échec avant et ta couverture en zone défensive auront évidemment leur importance.
Mais commence d’abord par bâtir les fondations de ton équipe.
Parce que lorsque les fondations sont solides, tout le reste devient beaucoup plus facile à mettre en place.
Et surtout, ces cinq éléments ne sont pas des choses que tu règles durant les deux premières semaines pour ensuite les oublier.
Tu les établis dès le départ, puis tu les entretiens pendant toute la saison.
C’est comme ça qu’une culture d’équipe finit réellement par se développer.
Et toi, quelle est ta priorité en début de saison?
Parmi ces cinq éléments, lequel trouves-tu le plus difficile à établir avec ton équipe en début de saison?
Les standards? Les rôles? Les routines? La communication? L’ambiance du vestiaire?
Prends quelques minutes avant le début de ton camp pour y réfléchir.
Parce qu’avant de construire ton système de jeu, tu construis ton équipe.
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Bon coaching!

Steve Lauzon
Loz | Hockey
stevelauzon@lozhockey.com
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